Des 146 jours à vivre loin les uns des autres, il n’en reste plus que 73.
La moitié de ce marathon. Enfin.
Maintenant, on peut se dire que le plus dur est derrière nous, qu’on a fait le plus difficile, qu’on commence à voir la lumière au bout du tunnel.

On ne va pas se mentir, la séparation n’est pas facile.
PetitMari a une vie d’étudiant : il vit en collocation et ses connaissances sont des jeunes en vadrouille. C’est sympa, mais le décalage lui revient encore plus en pleine figure et ça lui file un bon coup de vieux. Et puis l’anglais au quotidien, c’est un peu pesant et ca lui vaut de grand moment de solitude, dont il n’a pas besoin.  

De mon côté, c’est totalement différent. Je suis comme une mère célibataire avec 2 enfants à gérer à pleins temps. Non, pire, je suis comme une femme de militaire : je gère le foyer, 2 enfants un peu déboussolés, tous les problèmes liés à notre futur déménagement et parfois un mari qui a un petit coup de blues.

 Pour les enfants, ce n’est pas facile non plus. Leur maison se vide, leur papa est loin et leur maman n’a pas beaucoup de temps à leur consacrer, et on ne peut pas dire que les maitresses aient été particulièrement compatissantes. Les filles attendent la fin de l’année scolaire avec impatience.

Dernier membre de la famille que l’on ne doit pas oublier : le chat, qui est bien inquiet par ce remue-ménage, et qui est le seul à ne pas encore avoir  le droit d’entrer le sol neozélandais et qui n’a pas non plus de billet d’avion.

Heureusement, il y a quand même des moments plus faciles. On arrive à se parler sur skype tous les jours ou presque. Alors des fois, on n’a pas grand-chose à se raconter, et puis des fois on reste des heures pour parler de tout, de rien. On arrive à partager les petites choses du quotidien malgré tout.

Loin des yeux, oui, mais pas loin du cœur.

IMGP5059
route 190 qui traverse la Vallée de la Mort, Californie.