Quand on part vivre à l’étranger, par choix, on a envie de donner une image positive de sa nouvelle vie, de cette nouvelle expérience. Ça ne peut être que génial, non ?

Pourtant, il y a des moments difficiles.
Et c’est jamais évident d’en parler avec les proches, surtout quand ils t’envoient des mails en te disant : « j’ai vu les dernières photos que tu as posté sur Facebook, c’est super beau, c’est génial ce que vous êtes en train de vivre ! »

Ouep, genial.

Souvent.

Mais parfois, c’est pas génial.

Parfois, tu regardes autour de toi, et tu te demandes un peu ce que tu fous là.

Le jour où ça se passe moyen au boulot, le jour où tu comprends pas la caissière alors qu’elle te demande juste si tu payes en carte, le jour ou tes potes se font une soirée ensemble, en France, sans toi, etc etc…

Je ne sais pas si vous avez entendu parlé de la U-curve ou curve of adjustment/adaptation.
C’est la théorie de Oberg, qui date des années 60, et qui dit en gros qu’en vivant à l’étranger tu passes par plusieurs  stades :
- la lune de miel
- la crise
- l’adaptation
- l’intégration

De nombreux psychologues/anthropologues ont critiqué cette théorie, disant que c’était un peu simpliste, mais cette courbe-là me parle assez :

adaptation-u-curve

Quand on est arrivé en Nouvelle Zélande en 2011, cette courbe a à peu près correspondu à notre ressenti : les premiers mois formidables, et la crise vers 6-7 mois. J’avais mis cette crise sur le compte du changement de saison : c’était en juillet-aout pour nous, c’était l’hiver alors que c’était l’été en France. Pourtant, j’aurais dû me souvenir que la maitresse d’ESOL des filles m’avait parlé de cette courbe, mais c’était au début, j’étais encore dans la phase d’euphorie, je ne pouvais/voulais pas imaginer qu’il y aurait un moment où ça serait difficile.  Car oui, il y a un moment où c’est difficile. Toujours.

Je me demandais si on pouvait échapper à ce grand huit émotionnel pour notre deuxième expatriation, sachant qu’on revient dans le même pays, dans la même ville, et il semblerait que non.
Je ne suis arrivée que depuis 2 mois donc, je suis toujours dans la phase euphorique, mais l’époux qui est arrivé depuis 7 mois (tiens donc) commence à avoir un coup de mou.
Ça va passer, et puis ça sera mon tour….
Ce sont les mêmes phases par lesquelles vous passerez en rentrant en France, soyez prévenus.

En attendant que ça passe, je poste de belles photos sur ma page facebook, juste pour faire râler mes copains en France.

xpat

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Si le sujet vous intéresse :
Theory Reflections: Cultural Adaptations, Culture Shock and the “Curves of Adjustment” 
International Journal of Intercultural Relations