J’ai rencontré Elodie il ya 2 ans. Elle venait d’arriver en Nouvelle-Zélande avec son amoureux, français comme elle, et leur fils de 3ans.
Nous sommes restés en contact et c’est avec plaisir que je l’ai revue en revenant à Christchurch… avec un joli bidon tout rond.

Je lui ai proposé de raconter sa grossesse néozélandaise dans mon blog pour partager son expérience de maman expat.
Premier point important, Elodie avait la résidence quand elle a appris qu’elle était enceinte. C’est peut être un détail pour vous, mais pour elle ça voulait dire beaucoup, surtout sur le plan financier. En tant que résidente, elle n'a rien payé si ce n'est les échographies. Si elle n'avait pas été residente, elle aurait du payer tres cher.

Assez rapidement apres avoir apris sa grossesse, elle a pris rendez-vous avec une midwife (sage femme) qu’une amie lui avait conseillée. Ce n’est pas obligatoire de le faire rapidement. Potentiellement elle aurait pu attendre aussi longtemps qu’elle voulait pour être suivie.

C’est la midwife qui assure le suivi de la maman. Elle fixe un rendez-vous mensuel, pendant lequel elle va écouter le cœur du bébé, poser des questions à la future maman, mais ne fera aucun examen gynécologique.

Si en cas de problème la future maman doit être hospitalisée, la sage femme sera prévenue et se déplacera pour prendre en charge sa patiente et pour communiquer avec le médecin si cela est nécessaire.

C’est aussi la sage femme qui prescrira les échographies à la future maman : une pour la datation de la grossesse, une au troisième mois et une au cinquième. C’est tout.

Ici, la grossesse est beaucoup moins médicalisée qu’en France : peu de prise de sangs et jamais à jeun, un test du glucose plus "light" et nettement moins désagréable, moins d’analyse d’urine.
La grossesse n’est pas une maladie.

Ce n’est tellement pas une maladie que, même si vous accouchez majoritairement à l’hôpital, on vous demandera de rentrer chez vous au bout de 2h si tout c’est bien passé (on peut le dire, c’était l’angoisse d’Elodie). En général, les femmes et leurs bébés partent des maisons médicalisées (secondary hospitals) privées ou elles passent 2-3 jours en suite de couches.
Attention, vous partez de l’hôpital comme vous y êtes venue, il n’y aura pas d’ambulance à votre disposition.
La grossesse est tellement peu médicalisée qu’on ne vous proposera pas non plus de péridurale, et que si vous en voulez une, il va falloir réclamer. Cependant, on ne vous regardera pas comme une mauvaise mère si vous faites le choix d’en avoir une, on vous demandera juste de signer une décharge, au cas où.

Il y a d’autres options à l’accouchement à l’hôpital :
-celle d’accoucher dans une clinique privée ou on vous prendra en charge plus longtemps. Comptez autour de $6000 dollars pour un accouchement sans problèmes.
-celle d’accoucher à la maison.

Quelque soit votre choix, votre midwide sera là pour l’accouchement, même en cas de césarienne.
Et on vous demandera si vous souhaitez garder votre placenta…

Une fois que votre bébé tout neuf sera là, on vous laissera un peu vous débrouillez toute seule pour ce qui est des soins.
On ne vous proposera pas non plus de lait artificiel pour votre bébé. Ici l’allaitement est fortement conseillé. Et si jamais vous voulez donner un biberon à votre bébé, on vous fera signer une décharge. (ça met bien en confiance…)

Dans le cas d’Elodie, l’accouchement ne s’est pas très bien passé. Elle a dû subir une césarienne en urgence, avec l’amère l’impression que son cas a été un peu pris à la légère.
Difficile de dire si c’est la barrière de la langue et la différence culturelle qui ont fait que les médecins ont sous-estimé le problème d’Elodie, mais cela a certainement pesé dans la balance.

Les suites de couches ont aussi été difficiles: des douleurs et un simple "ca va passer" comme réponse, lui ont valu un séjour à l’hôpital 2 semaines après la naissance de son bébé.
Il faut être un poil ferme pour avoir l’attention du corps médical.

Clairement, en tombant enceinte vous devenez mère et vous perdez un peu votre statut de femme.
Je dois dire que j’étais été souffée de voir qu’en étant hospitalisée avec un bébé de 2 semaines, très fatiguée et en souffrance, on ne lui a pas proposé de prendre le bébé en pouponnière ni de proposer un biberon en complément, on l'a laissé se debrouiller.

Et le congé maternité ?
L’état offre à la mère qui travaille depuis plus de un an, un congé maternité de 16 semaines, payé au maximum $504/ semaine brut, (soit 1400 euros / mois).
L’employeur peut aussi payer un congé maternité à l’employée. Tout dépend des conventions de l’entreprise, mais c’est au mieux 8 semaines payées, et c’est souvent rien du tout.
Si cela vous semble pas si mal (et c’est vrai que 8 semaines payées par l’employeur plus les 16 semaines de l’état, c’est pas mal), sachez que le problème de la nouvelle mère sera de reprendre le travail. Les daycare pour les nouveaux nés coutent tres cher (autour de 850 euros par mois) pour un nombre d’heures limités, (en général max de 9h à 17h). Il y a donc très peu de mères d’enfants de moins de 3ans qui travaillent.

On ne peut pas dire que l’accouchement d’Elodie donne envie d’avoir des enfants en Nouvelle Zélande, par contre son petit kiwi est totalement craquant !

10614179_10152393481601436_6280073346756023549_n

Merci Elodie pour ton témoignage et bienvenue au trognon petit O.